Histoire

La première ville connue, d'origine galloromaine, Buzantiacus ou Buzantiacum, s’élevait sur l’emplacement actuel du hameau de St Etienne. L’existence d’un gué, sur l’Indre, fut certainement le facteur déterminant pour l’implantation d’un habitat humain à cet endroit. Une ville gauloise a-t-elle existé à St Etienne ?

Aucun document ou vestige ne permet de l’affirmer, par contre d’une cité gallo-romaine on a retrouvé des tuiles, des urnes funéraires, des sarcophages, des fragments de mosaïque et une stèle, actuellement au musée lapidaire de Châteauroux.

Que devient Buzantiacum pendant la période troublée des grandes invasions puis sous les Mérovingiens ? Il est probable qu’elle eut à souffrir du passage des barbares, notamment les Wisigoths qui s’installèrent dans le sud-ouest de la Gaule en Espagne. Les guerres, le brigandage qui marquèrent la période mérovingienne ne l’épargnèrent sans doute pas. Elle était peut-être située sur une voie de passage importante.

On affirme même mais sans preuve, que Charles Martel, après avoir vaincu les Arabes à Poitiers en 732, passa à Buzançais, venant de Mézières, pour aller rétablir l’ordre en Bourgogne et ensuite vaincre les Frisons révoltés.

Ce n’est qu’avec l’époque carolingienne que des faits précis nous sont connus. En effet, des documents nous apprennent la mort de Charles II roi d’Aquitaine, fils de Charles le Chauve le 29 septembre 866 dans une villa des environs de Buzançais. Pour Ch. Gabillaud dans son ouvrage « Le Berry historique » il s’agirait de « Chaille au roi ».

Peu après, Charles le Chauve fit don, à un seigneur de sa cour, Aymon ou Hémon, de Buzançais, de la Motte de Chatillon et d’un tiers d’Amboise. On peut considérer que Robert Ier fils d’Hémon fut le fondateur de la maison de Buzançais.

Le IXème siècle est une période importante pour l’histoire de notre ville car il va voir naître une nouvelle agglomération, à deux kilomètres de l’ancienne Buzantiacus. Si le gué de St Etienne a vraisemblablement attiré les premiers habitants, il fut la cause de l’abandon progressif de l’ancien site pour un emplacement moins vulnérable, à l’écart des voies de passage.

C’est sur une « motte » dominant la vallée de l’Indre que fut construit le premier château, autour duquel se développa l’actuelle ville de Buzançais. Quand ce château fut-il édifié ?

Nous n’en savons rien, mais il existait sous le règne de Louis II le Bègue (877-879), à l’époque des invasions normandes, puisqu’il fut refait et fortifié par Ingelger père de Foulques Ier dit le Roux, premier comte d’Anjou, avec l’aide du roi Louis. Partout la féodalité s’organise et vers 920 Buzançais a un suzerain redoutable en la personne de Foulques Nera, comte d’Anjou, grand constructeur, batailleur intrépide. Le seigneur d’Argy est alors vassal du seigneur de Buzançais.

A l’époque des Croisades. Des Buzancéens prirent part à ces lointaines expéditions et l’année 1129 vit Robert V de Buzançais partir pour Jérusalem.

Sous les Capétiens, Buzançais se développa et devint un centre important. Notre ville fut le siège d’un archidiaconé (l’une des neuf subdivisions du diocèse de Bourges) avec juridiction sur 81 paroisses. Le premier archidiacre connu fut Raoul, cité en 1160. Buzançais eut un grenier à sel et son ressort s’étendait sur 109 paroisses au XVème siècle.

 

Des édifices, surtout religieux s’élèvent. L’église St Honoré mentionnée dès 1174 se dresse sur l’emplacement de l’Hôtel de ville actuel. Elle est une annexe de l’église de St Etienne qui restera siège de la paroisse jusqu’en 1789.

L’église paroissiale d’Habilly, elle aussi, est citée en 1174. La chapelle St Jean qui a donné son nom à l’actuelle rue St Jean existe au XIIème siècle ainsi que le prieuré Notre Dame autour duquel se constitue la paroisse de Notre Dame du Verger.

On peut citer aussi, la léproserie avec la chapelle St Lazare, la Maison du Porche ; maison hospitalière pour les malades atteints d’une sorte de lèpre partielle. Plus tard s’élèvera la Commanderie de Beauvais des Frères hospitaliers de St Jean de Jérusalem dont il est fait mention en 1339, l’Hôtel Dieu dont la fondation a pour origine un établissement créé par Sarrazine de Prie fille d’un seigneur de Buzançais. Le prieuré de Sainte Croix fondé en 1420.

 

 

Des fortifications entourent la ville et il se peut que certains souterrains qui parcourent en tous sens le sous-sol de la cité datent de cette période médiévale. On imagine alors la ville, serrée dans ses murailles, étageant ses maisons de bois et de torchis le long des rues tortueuses et étroites dont la rue de la Motte peut nous donner une idée. Ajoutons l’église avec son cimetière, les chapelles, les monastères, le pilcri, la prison, les halles, le four banal, le grenier à sel.

Après la prise de la Bastille, un phénomène collectif de panique se produisit dans toute la France. Des délibérations communales de Buzançais montrent que pendant quatre jours la « grande peur » régna. La milice bourgeoise fut alertée, on disait que « quatre mille brigands armés ravageaient les pays voisins. Des biens ecclésiastiques et des domaines d’émigrés furent vendus comme biens nationaux tels le prieuré de St Croix, la chapelle St Jean. Dès le mois d’octobre 1792 il se forma à Buzançais une société populaire composée de trente-six membres au sein de laquelle furent pris douze membres qui devaient former le comité de surveillance dont le rôle était de veiller à l’exécution des lois.
L’Assemblée nationale créa de nouvelles divisions administratives. Les 4 et 7 février 1790 le Berry fut divisé en deux départements, l’Indre et le Cher et Buzançais devint chef-lieu de canton du district de Châteauroux devenu Indre-libre. (Buzançais avait posé sa candidature comme chef-lieu de département).
En 1796 une révolte royaliste prit naissance aux environs de Palluau et fut écrasée par les troupes du général Devaux à mi-chemin entre Saint-Genou et Buzançais. La « Vendée de Palluau » avait duré quinze jours. L’échauffourée du 25 mars 1796 fut appelée « la journée des sabots » à raison du grand nombre de sabots retrouvés sur les lieux de la bataille.

La vie de Buzançais se poursuit sous les différents régimes, et ce jusqu’en 1847. L’année de la « Jacquerie ». Cette année-là, notre ville, si calme en général va se signaler par des désordres sanglants dont voici un récit succinct. La récolte de 1846 avait été mauvaise, le pain était cher, une crise économique avait provoqué le chômage. A Buzançais de nombreux malheureux étaient sans travail et une sourde agitation fermentait. Le matin du 13 janvier 1847 arriva un chargement de blé à destination d’Issoudun et les conducteurs s’arrêtèrent à une auberge du faubourg des Hervaux. Des femmes s’attroupent, s’opposent au départ du convoi malgré l’intervention du maire, des gendarmes. L’agitation grandit, les voitures sont conduites dans la cour du collège avec le projet de faire distribuer le blé. La nuit, l’excitation au lieu de se calmer s’accroit et au point du jour c’est une véritable émeute dirigée contre les riches bourgeois de la ville. La foule pille le moulin et la maison de M.Cloquemin, saccagent les habitations de M.M Gaulin, Brillant, Dauvergne. Chez M Chambert c’est le drame : un émeutier est tué et en représailles M Chambert est massacré ! Le Préfet de Châteauroux venu avec une escorte de vingt-cinq dragons n’ose intervenir et reprend le chemin de la préfecture. Il faudra l’arrivée d’une troupe de soldats pour que le calme soit rétabli. Le 19 de nombreuses arrestations furent opérées et dans le courant du mois de mars les assises de Châteauroux prononcèrent trois condamnations à mort et vingt condamnations aux travaux forcés. Des désordres s’étaient du reste produits dans toute la région provoquant généralement le pillage et le saccage de moulins et de Châteaux.

Les Jacqueries de BUZANCAIS ont connu un retentissement au niveau national. Elles furent citées par des écrivains comme Gustave FLAUBERT dans l'"Education Sentimentale", Victor HUGO dans "les Misérables", Karl MARX dans "la lutte des classes en France", George SAND dans "les Correspondances", jules VALLES dans "les Blouses".
 

Encore un siècle environ pour arriver à nos jours, un siècle d’histoire contemporaine puisqu’il s’agit de celle de nos grands-parents, de nos parents, de nous-mêmes, un siècle marqué par tant d’évènements et surtout par trois guerres qui endeuillèrent notre ville. La dernière aurait pu lui être fatale puisque le 30 Août 1944 une colonne allemande en retraite incendia la vieille église St Honoré et le château, incendie qui faillit se communiquer à la ville entière.

Mairie de Buzançais
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